Studio Le Gabs

La photographie ensemble

Tempus Vaporis - Steampunk - un reportage

INTRODUCTION

Il y a évidemment plusieurs façons de traiter un évènement. Celle que je choisis la plupart du temps, à tort ou à raison, c’est celle de la distance : être en contact avec son sujet sans trop s’impliquer avec lui.

Il y a un piège particulièrement vicieux à éviter. Cela est valable dans notre société en général, dans la photographie en particulier. La photographie n’est pas nécessairement de la communication, ni de la publicité.

Quand on veut communiquer ou faire de la publicité, la photographie est un outil comme un autre. Elle N’EST PAS la communication ou la publicité. Attention à l’amalgame.

A mon sens, la photographie exprime le point de vue de son auteur, avant tout. C’est un regard. 

Il me semble qu’à notre époque, nous avons tellement intégré la communication et la publicité dans nos vies que nous avons perdu sans nous en rendre compte de la distance vis-à-vis d’elles. 

Le selfie est un exemple facile (au sens propre et figuré) : il peut être perçu comme une communication et même une publicité de soi. 

Le Steampunk c’est quoi ? 

Steam = vapeur 
Punk = rebelle 

L’utilisation de “punk” vient du “cyberpunk”. Le terme steampunk est dérivé du cyberpunk, sous-genre de la science fiction décrivant des univers dystopiques, mondes désolés du futur, où la cybernétique est reine.

Le steampunk lui, devrait plutôt être appelé “rétro-futur à vapeur”. Il n’y a pas cette notion de dystopie. Car le steampunk, c’est surtout une uchronie : imaginez l’époque victorienne, la première révolution industrielle, l’avènement de l’énergie à vapeur. Imaginez maintenant qu’aujourd’hui, et demain, cette énergie soit encore la reine, que les autres n’aient pas été découvertes. Les machines, les mécanismes et les dirigeables sont les rois. Quant aux codes vestimentaires, ils sont restés fortement imprégnés de cette époque victorienne. 

Peut être qu’ici le terme “punk” s’applique au caractère marginal de sa représentation dans notre société “réelle”. 

Le steampunk est présent d’abord dans la littérature, puis s’est étendu à toutes les pratiques artistiques et artisanales.

Nous baignons aujourd’hui dans le résultat de près de 40 années de culture Pop. L’industrie culturelle a façonné notre imaginaire et nous avons développé notamment la “geek” et la “nerd” attitude pour célébrer une appartenance à telle ou telle sous-culture ou contre-culture. Car oui le steampunk, comme le cosplay, le gothique, le vegan (etc.) sont des sous-cultures, une façon de vivre. Alors comment exprimer sa sous-culture (steampunk) ? Par les arts évidemment. L'apparat également. Les rassemblements, conventions, et organisation en réseau, aussi. Et le “merchandising” (le terme est assez clair) : artisanal et industriel. 

On peut décider de voir d’un mauvais oeil ce genre de sous-cultures, notamment parce qu’elles sont une façon d’échapper au “monde réel”. On peut décider aussi d’aller au-delà de ses préjugés. 

Il n’empêche, ce sont tout d’abord des passionnés qui rejoignent et gonflent de façon exponentielle les rangs de ces collectifs humains.

Cependant, je pense que le steampunk est aujourd'hui largement réduit à sa dimension esthétique.

TEMPUS VAPORIS : une présentation du steampunk par la salle Cap’Cinéma Lido de Castres et le collectif Chitra Steampunk, sur une grosse journée. 

Projection du film Hugo Cabret de Martin Scorsese, un exemple de film à l’univers Steampunk, comme pourrait l’être également La Cité des Enfants Perdus, de Caro et Jeunet. Et donc, rassemblement de “steamers” issus du collectif Chitra, et de leurs amis provenant d’un peu partout en France (particulièrement du sud-est, pour cette occasion). 

Très bonne ambiance, belle présentations, beaux moments, de l’art et de l'artisanat à découvrir. 

J’ai abordé cette journée selon mon point de vue, et non celui de l’évènement en lui-même, qui est était un événement à la fois culturel, de communication, et commercial. 

J’y ai vu et entendu des passionnés, certains reconvertis en artisans/marchands qui essaient de monétiser leur passion, sans pouvoir réellement en vivre. Tiens cela me rappelle le photo ! J’y ai aussi vu un reflet, celui d’artisans qui veulent communiquer leur valeurs face à toute récupération industrielle et médiatique.

J’ai tenté, à travers mon reportage, de capturer l’ambiance de cette journée, d’en décrire ses particularités. J’ai essayé de laisser le moins possible de place à la communication, car j’étais moins dans la découverte (d’un univers que je connaissais déjà assez bien) que dans l’observation de la façon dont il était présenté. J’ai essayé d’être davantage dans la description que dans la communication. 

C’est pour cela que j’ai intentionnellement évité de réaliser des portraits, ou des mises en scènes. A tort ou à raison. 

Ce que j'aimerais voir un jour dans ce genre de rassemblement steampunk, c'est la démonstration de véritables machines à vapeur modernes. Comme par exemple un concentrateur solaire. Là on serait davantage dans la sous-culture, que simplement dans la parade de costumes. Heureusement dans l'évènement que je viens de suivre, ce n'était pas totalement le cas.